Brigitte Bardot est décédée ce dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans. Figure majeure du cinéma français avant de devenir l’une des voix les plus influentes de la défense animale, elle laisse derrière elle un héritage militant profond, encore bien visible sur le terrain, notamment dans le sud de la France.
Si son visage restera à jamais associé au septième art, c’est son combat acharné pour la protection des animaux qui a marqué les dernières décennies de sa vie. Fondée en 1986, la Fondation Brigitte Bardot s’apprête à célébrer ses quarante ans d’existence. Quatre décennies d’actions, de prises de position parfois radicales et de soutiens concrets à des initiatives locales, comme dans le Gard et en Lozère.
Une alliée déterminante contre la corrida
Dans le Gard, la Fondation Bardot a joué un rôle clé dans l’émergence de l’Alliance Anti Corrida. Sa présidente, Claire Starozinski, se souvient d’une femme au tempérament bien trempé, fidèle à l’image que le public s’était forgée de la star. Elle évoque notamment un épisode marquant lors d’un rassemblement parisien à l’approche de l’élection présidentielle de 2007, où Brigitte Bardot avait tenu à recentrer le message sur la défense animale, refusant toute récupération politique.
Derrière ce caractère parfois abrupt, Claire Starozinski voit surtout une militante hors norme. « Elle a fait basculer la cause animale dans l’espace public », estime-t-elle. « Avant elle, ces sujets étaient marginaux. Elle leur a donné une visibilité sans précédent. » Pour beaucoup d’associations, Brigitte Bardot a servi de catalyseur, transformant un engagement militant confidentiel en débat national.
Une empreinte durable en Lozère
Plus au nord, en Lozère, l’action de la fondation est intimement liée à l’histoire du parc des Loups du Gévaudan. Au début des années 1990, la Fondation Brigitte Bardot intervient pour sauver une centaine de loups menacés par le braconnage en Hongrie. Quatre-vingts d’entre eux seront accueillis au Gévaudan, bouleversant le destin du site.
« Cet épisode a été fondateur pour nous », explique Pierre Teissier, directeur du parc. L’arrivée massive des animaux a permis au parc de devenir, à l’époque, le plus grand parc à loups d’Europe. L’impact a été immédiat, tant sur le plan scientifique que touristique, avec une fréquentation doublée en quelques années. « Brigitte Bardot fait partie intégrante de notre histoire », résume-t-il.
Au-delà des chiffres et des symboles, Brigitte Bardot aura incarné une rupture. En mettant sa notoriété au service des animaux, elle a imposé un sujet longtemps relégué au second plan. Son décès marque la fin d’une époque, mais son combat, lui, continue de structurer la défense animale en France.





